Smartphones : Une nouvelle technologie au service de la santé ?

La santé devient mobile.

La santé se modernise et les professionnels aussi. Les classiques et livres de poche semblent avoir fait leur temps, ils laissent la place aux smartphones, inépuisables sources d’informations au format compact et ouverts sur le monde. Ce nouveau phénomène de société envahit désormais tous les espaces, même ceux dont l’accès lui était jusque là interdit. En effet, le règlement intérieur de la plupart des établissements de santé proscrit l’usage des téléphones portables dans leurs murs. Et pourtant, ils ne se cantonnent déjà plus à la poche de nos blouses, ils entrent même dans les blocs et intègrent les salles d’intervention.

Nouvel outil indispensable ou prise de risque inconsidérée pour le patient ?

Malgré la réglementation, l’utilisation du téléphone dans les établissements de santé explose et la profusion d’applications destinées aux professionnels semble encourager cette pratique (outils d’aide à la décision, calculs de scores, fiches réflexes, convertisseurs, dictionnaire de médicaments…). Le smartphone fait partie de la panoplie du professionnel: en consultation, au chevet du patient, au bloc opératoire ou en réanimation, cette aide précieuse permet de rendre immédiatement disponible une quantité phénoménale d’informations.

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Le smartphone au service de la réactivité.

94% des médecins utilisateurs ont un usage professionnel de leur smartphone, et 36% garderaient leur téléphone mobile dans les zones à risque telles que le bloc opératoire. Les applications médicales disponibles pullulent, plus ou moins validées et dont la valeur scientifique reste à déterminer.  Le téléphone reste un merveilleux outil de communication qui prend tout son intérêt en cas de demande d’avis médical, immédiat, simple et accessible: il suffit d’envoyer la photo d’une radiographie qui nous pose problème, d’une cicatrice, d’un ECG (électrocardiogramme) difficile à interpréter, et la possibilité d’appeler un médecin senior favorise l’organisation rapide de la prise en charge d’un patient.

En conclusion, risque ou bénéfice pour le patient, la question n’est pas tranchée. Tout dépend de l’utilisation que chacun en fait, raisonnée et raisonnable, en prenant en compte l’hygiène, les interférences, la confidentialité… Tout en veillant à garder un regard critique sur les applications médicales. Il est probablement nécessaire que l’évolution se fasse vers un assouplissement et une mise à jour des règles encadrant l’usage du téléphone au sein des établissements. Cet assouplissement devra avoir comme contrepartie une sensibilisation des professionnels de santé sur les dangers de l’utilisation du téléphone portable dans leur pratique médicale.